Un peu d'histoire

Au 17ème siècle, le service militaire est devenu obligatoire, dès 16 ans jusqu'à 60 ans, sauf pour quelques magistrats et les pasteurs. L'instruction des hommes avait lieu pendant la belle saison le dimanche après le service divin. Chaque année, les troupes du bailliage étaient inspectées. Les avant-revues étaient des fêtes civiques et nationales qui attiraient du peuple, femmes et enfants. Après la revue, un joyeux pique-nique était pris à l'ombre des arbres. Le bailli y faisait dresser des tables où il invitait l'état-major et les notables. Les vaudois avaient des sociétés de tir (abbayes) nombreuses et bien organisées. On s'y exerçait au maniement du fusil et au tir. Avec les "abbayes" vaudoises le maintien de cette coutume originale est aujourd'hui fidèlement conservée. Une abbaye évoque des religieux paisibles, retirés dans des lieux de culte consacrés à la prière et à la méditation. Dans le canton de Vaud, le terme signifie fête populaire, concours de tir. Le maintien de cette tradition sympathique est un organisme toujours vivace qui se développe, se scinde, se fusionne, parfois meurt pour mieux renaître. Au cours du moyen-âge, les comtes de Savoie avaient organisé dans les villes et bourgades des milices de tireurs, d'abord à l'arc puis des arquebusiers, prêts à assurer rapidement l'auto-défense des localités et le maintien de l'ordre. Ces prestations para-militaires, volontaires et honorifiques, comportaient certains privilèges, tels que des prix aux meilleurs tireurs et des dispenses de corvées ou d'impôts. Les milices du Pays de Vaud ont conservé un caractère purement local et seigneurial jusqu'au premier tiers du 16ème siècle, lors de la conquête et l'introduction de la Réforme. Le gouvernement bernois tenait à protéger les institutions aussi utiles et à intégrer ces groupements de tireurs dans sa politique de défense en harmonie avec la pratique helvétique. Dès l'origine, les cantons suisses et leurs sujets, s'étaient dotés d'une structure de milices, englobant tous les hommes valides et libres de 16 à 60 ans, ouvriers, paysans, bourgeois et nobles. En 1393, le "Convenant" de Sempach avait posé les bases de l'instruction militaire et des principes de stricte discipline. Berne, en 1615, édicta une ordonnance fixant les bases d'une instruction militaire en temps de paix, instituant des exercices obligatoires de milice. Les autorités bernoises prirent grand soin d'encourager le système des tirs volontaires en maintenant les abbayes existantes et en favorisant la création de nouvelles confréries de tir dans les petits villages. Au sein de bien des familles, le don d'un fusil et la confirmation religieuse, consacrait, à 16 ans, l'entrée du jeune homme dans la communauté. TROIS JOURS DE FETE Aujourd'hui, les "abbayes" au nombre de 186, s'étendent du samedi au lundi, souvent au début de l'été. Généralement, le premier jour est consacré au tir qui se poursuit le dimanche matin. L'aube du samedi commence par des coups de canons et la tournée de la localité en fanfare. A 7 heures, les membres se rassemblent en ordre militaire avec une tenue stricte, sautoir, cordon aux couleurs de la société, cocarde voire chapeau. La proclamation des rois et la lecture du palmarès ont lieu à midi le dimanche sur la place publique en présence des autorités et devant le drapeau de l'"abbaye". Le vainqueur est couronné de laurier par une demoiselle d'honneur en habit d'apparat. Après l'accolade aux vainqueurs et le vin d'honneur, un cortège se forme avec la fanfare, les tambours, la bannière, les demoiselles d'honneur au bras des rois et les tireurs. Banquet, discours et bal clôturent la cérémonie.
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